L’hôtel de ville de Saint-Denis fut inauguré le 11 Avril 1860 après 16 années de travaux, devenant dans le même temps la plus importante construction dans l’île sous le règne de Napoléon III. Il héberge alors l’activité municipale, mais aussi une bibliothèque publique, la chambre de commerce et un commissariat de police. D’inspiration néoclassique, il occupe un site stratégique entre la partie commerciale et la partie résidentielle de la ville. Le choix de ce terrain, acquis en 1838 par la municipalité, ne résulte pas d’une volonté politique mais d’une opportunité immobilière, celle d’un terrain situé non loin du quartier des affaires où, depuis 1830, la municipalité souhaite voir s’élever la maison commune. Les façades principales, orientées à l’Est sur la rue de Paris et au Nord sont richement ornées, et font office de façades d’apparat contrastant fortement avec la sobriété des deux autres côtés. Peu de modifications notables sont apportées au monument durant la seconde moitié du XIXème siècle. Il faut en effet attendre les années 1930 pour que d’importants travaux de rénovation soient entrepris. La charpente en bois posée 80 ans plus tôt est alors remplacée par une charpente métallique. L’hôtel de ville est désaffecté en 1979 quand les services municipaux déménagent dans le nouvel hôtel de Ville. Il y eut par la suite plusieurs campagne de restauration (1959-1968-1982-1996-2000) qui rendirent une affectation à l’édifice (état civil-salle des mariages) mais qui eurent pour conséquence de transformer sa couleur d’origine en ocre.
Le projet de restauration s’est appuyé sur des bases historiques pour rendre à l’édifice sa cohérence patrimoniale. les menuiseries bois ont été restaurées, les façades ont été traitées en peinture minérale, les éléments en basalte ont reçu un lait de chaux.
Une seconde tranche de travaux concernant les extérieurs est en cours.
Un édifice blanc à l’origine ?
Dans le cahier des charges de construction de l’édifice, aucunenote ne décrit pourtant l’utilisation de badigeon de couleur ocre
jaune. Bien au contraire, on peut lire que « l’entrepreneur passera sur les enduits et autres parements de maçonneries qui lui seront désignés, une ou deux couches de blanchissage au lait de chaux suivant les indications de l’ingénieur» . De plus, en 1861, soit un an après son inauguration, J.MOREAU écrit dans l’Album de l’île de la Réunion : « Ainsi vu dans son ensemble, avec ses lignes régulières, avec ce ton blanc uniforme – heureuse inspiration du dernier ingénieur, qui fond harmonieusement toutes les parties de l’architecture et rappelle la pensée aux effets du marbre fraîchement taillé, – l’édifice ne manque ni d’élégance, ni d’une certaine grâce Athénienne». Enfin, en 1887, on peut lire dans «La Réunion et Madagascar», de Fernand HUE : «Ce palais d’une blancheur éclatante, avec sa colonnade, est notre Hôtel de Ville».
Localisation: Saint-Denis, Réunion
Programme: Restauration des façades, menuiseries bois et beffroi
Maîtrise d’ouvrage: Ville de Saint-Denis
Maîtrise d’oeuvre: Stéphane Barbotin-Larrieu_L’atelier architectes/ Asselin economistes
Surface: en plan 1 100 m², en élévation: 2 000 m²
Coût: 1,6 M€
Statut: livré – Phase 1 (restauration clos et couvert)