Fondée en 1886, La Distillerie RIVIÈRE DU MÂT est l’une des plus anciennes distilleries de l’île de La Réunion encore en activité de nos jours. il s’agit aujourd’hui d’un site industriel situé à Saint-Benoît, tourné vers l’élaboration des rhums à partir de mélasse issue des plantations de canne à sucre locales. Produit également de la bagasse, résidu de la canne qui sert de combustible pour les centrales thermiques de l’île.
La cheminée est construite en moellons de basalte et pierres d’angle de basalte appareillées sur un socle de base carrée de 6,75 m de côté et de 2,20m de hauteur. La hauteur totale de la cheminée est de 32 m. Au-dessus du socle le fût s’élève avec une succession de 29 redants de 1,00 m de hauteur chacun et présente un profil légèrement courbe du fait que les redants vont en s’amenuisant au fur et à mesure de l’élévation. L’épaisseur des parois varie de 0,75 cm en tête à 1,50 m à la base. Le fût intérieur est revêtu d’un enduit ciment sur briques. Il présente un appareillage régulier sur le 1er tiers de la la cheminée et par la suite des moellons enduits.Les maçonneries de moellons de basalte du fût reçoivent un enduit à la chaux initialement de couleur claire. Les chaînes d’angle en pierre de basalte sont appareillées en besace. A la suite de décennies d’abandon, la cheminée de Beaufonds souffraient de nombreuses pathologies (fissurations,corniche vacillante, végétation ancrée…) qui demandaient une série d’interventions ciblées afin de garantir sa conservation et sa présentation au public.
Les travaux de restauration ont consisté à la sécurisation des accès, le nettoyage, la dévégétalisation et la destruction des souches et racines ancrés dans la cheminée, la purge des mortiers de réparations antérieures dégradées, la purge des corniches en béton armé coiffant la tête de la cheminée, l’ajout de cerclages métalliques répartis le long du fût de la cheminée. Les enduits existants anciens ont été conservés, nettoyés et ont reçu un badigeon de chaux. un aménagement extérieur a par la suite été réalisé.
La cheminée de Beaufonds est le dernier vestige de l’usine du même nom, active depuis sa création autour des années 1827-34 jusqu’à sa fermeture en 1996, soit un siècle et demi de fonctionnement. La fabrication du sucre est alors transférée à l’usine du Gol située à l’extrême Ouest de l’île. (La fermeture de Beaufonds: sucrerie réunionnaise» / Sonia Chane-Kune; ed L’Harmattan,1999. Au début du 19ème siècle, le terrain d’habitation dit «Beaufonds» appartient à Jean-Baptiste Hubert-Montfleury. Entre 1843 et 1864, Joseph-Michel Deguigne fait du domaine l’une des plus importantes plantations de l’est de l‘île. L’usine utilise l’énergie tout d’abord hydraulique puis avec le développement des techniques, des machines à vapeur. «Vers 1830 une usine sucrière est appellée «établissement», et se définit par la réunion de 7 éléments principaux. D’une part quatre bâtiments techniques à usage industriel: le moulin où est broyé la canne, la sucrerie oû l’on fait le sucre dans la batterie, la purgerie où le sucre se cristallise; d’autre part, les magasins de stockage, les écuries des mules utilisées pour le charroi des cannes coupées ou pour le manège; enfin, deux ensembles d’habitation: celui des esclaves, cases à noirs dispersées ou regroupées en camp, avec une cuisine, souvent un hôpital, parfois une prison et la maison d’habitation ou maison de maître. Dès l’ origine les bâtiments combinent l’usage du bois et de la pierre y compris pour les cases des esclaves. Les constructions sont peu élevées, le décor absent, les façades sont juste rythmées par les fenêtres demi-circulaires. Les cheminées sont de faibles hauteurs (souvent inférieures à 13 m) afin de ne pas favoriser un tirage trop important» (DRAC, Usines sucrières de la Réunion, Itinéraire du patrimoine).
L’ évolution des techniques dans la seconde partie du XIX e siècle permet une rationalisation et une augmentation de la fabrication. Les usines se modernisent en s’agrandissent. Les cheminées, emblématiques de l’usine, se multiplient et gagnent en hauteur. Elles sont construites en maçonnerie et se dotent d’armatures en bois ou métalliques pour tenir compte de la puissance des vents. Elles sont établies fréquemment sur des plans carrés s’affinant par une succession de redants. L’ usine de Beaufonds est reconstruite par le Crédit Foncier Colonial dans les années 1880-1890 De l’usine d’origine de 1834 il ne reste rien, l’usine ayant été reconstruite dans les années 1880. Il s’agit donc bien aujourd’hui d’une cheminée de la fin du XIX ème siècle.
Distillerie Rivière du Mât (Saint-benoît) | Île de la Réunion Tourisme (reunion.fr)
Localisation: Distellerie de la rivière du Mat, Beaufonds, Saint-Benoît – Réunion
Programme: Restauration de la cheminée historique
Maîtrise d’ouvrage: La Martiniquaise
Maîtrise d’oeuvre: Stéphane Barbotin-Larrieu | L’Atelier architectes
Surface: –
Coût: 0,5 M€