A Mayotte, au sud de Dembéni, les vestiges de l’usine se trouvent de part et d’autre de la RN 3 actuelle.
La végétation a envahi les ruines existantes. Des badamiers se sont implantés à l’angle sud-ouest du bâtiment principal situé sur la propriété du Conservatoire du Littoral. D’autres essences de palmiers et autres arbrisseaux colonisent également l’intérieur des bâtiments et cheminées et les abords immédiats de la ruine de l’usine.
Le site se compose des bâtiments suivants:
– Les ruines de l’usine en partie basse, jouxtant la route RN 3 qui a traversé le site ancien,
– Le hangar à stockage du sucre, en montant sur la colline,
– La maison de maître en partie haute, au sud domine le site de l’usine et du hangar de stockage,
– Un petit bâtiment à proximité de la maison de maître, prison pour les uns, pigeonnier pour les autres..
Concédé dès 1848, le domaine sucrier d’Hajangoua (470 ha) est l’un des plus anciens de Mayotte. Les restes de l’usine, visibles depuis la route entre Dembéni et Bandrélé, comprennent un ensemble imposant de trois chaudières, un moteur à vapeur, une batterie de Gimart, des hydro-extracteurs, trois cheminées et les vestiges d’une installation plus ancienne. A proximité subsiste la maison du maître. L’usine a fermé définitivement en 1898 et fut mise en vente en 1902. Les vestiges sont protégés au titre des monuments historiques (Base Mérimée, notice PA97600005).
Le Conservatoire en a confié la gestion à la CADEMA (Communauté d’Agglomération Dembeni Mamoudzou). Etablissement public administratif national français créé en 1975, c’est un établissement membre de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), il n’a pas d’équivalent dans d’autres pays. En 2017, le Conservatoire assure la protection de 200 000 hectares sur plus de 750 sites, représentant environ 1 600 km de rivages maritimes, soit 15 % du linéaire côtier. Son objectif est d’acquérir un tiers du littoral français afin qu’il ne soit pas construit ou artificialisé. Il peut acquérir des terrains situés sur le littoral mais aussi sur le domaine public maritime depuis 2002, les zones humides des départements côtiers depuis 2005, les estuaires, le domaine public fluvial et les lacs depuis 2009. La préservation du littoral répond à 4 enjeux principaux : la conservation d’espaces dont la valeur patrimoniale engage notre responsabilité à l’égard des générations futures ; la préservation d’un capital naturel et historique fondamental pour l’attractivité de notre territoire; le bien-être social de tous par l’accueil équitable et partagé des populations; la protection des biens et des personnes contre les phénomènes climatiques extrêmes en permettant un espace tampon entre l’océan et les enjeux humains.